LE PERSONNEL DE SANTÉ EN UKRAINE

Date de parution: 20 décembre 2005 |

Selon des études récentes menées dans l’ancienne République soviétique d’Ukraine, l’état de santé de la population a atteint un stade alarmant: l’espérance de vie a chuté et on enregistre une recrudescence des maladies infectieuses telles que la tuberculose et le sida. Dans cette économie en transition où le taux de chômage est très élevé, les travailleurs n’ont plus l’accès gratuit à tous les services médicaux comme dans le passé. Comme le montre ce reportage de la Télévision de l’OIT réalisé depuis Kiev en compagnie de spécialistes de l’Organisation internationale du Travail et de la fédération syndicale Internationale des Services Publics, les personnels de santé ont du mal à survivre avec leurs salaires. Et la menace du virus du SRAS suscite de nouvelles craintes.

L’infirmière en chef montre le sanatorium N2 à un groupe de visiteurs. Le secteur de la santé se porte mal en Ukraine, à tel point que l’espérance de vie y est en baisse. L’an dernier seulement, on a enregistré 30.000 nouveaux cas de tuberculose, dont mille parmi le personnel soignant. Les instruments ne sont pas toujours stériles et les médicaments de première nécessité font défaut. De plus, le sida fait des ravages, le nombre de personnes séropositives s’étant considérablement accru au cours des années quatre-vingt-dix.

Et, en plus, les infirmières doivent faire attention de ne pas attraper les maladies qu’elles sont censées soigner.

Infirmière en chef

On a eu un cas il y a six ans : une des infirmières a attrapé la tuberculose. Pour nous, cela a été un choc… Mais j’ai confiance en notre équipe : ce sont des personnes formidables, très gentilles avec les patients. Et ce n’est pas pour l’argent que nous continuons à travailler : nos salaires sont tellement bas.

Le personnel de santé est en première ligne, mais il se sent vulnérable face à la pénurie croissante de moyens.

Alan Leather, Secrétaire général adjoint, Internationale des Services Publics

Dans la situation actuelle où rien n’est fait pour les protéger, les travailleurs des services de santé sont très exposés au risque de contagion par une maladie infectieuse. Si une épidémie de SRAS se déclarait en Ukraine, les services de santé auraient beaucoup de mal à la contrôler. Ces travailleurs doivent donc être mieux protégés, mais ils doivent également avoir leur mot à dire sur la façon dont les services de santé sont gérés et sur la réforme en cours.

De nombreux hôpitaux emploient des personnes âgées qui ont du mal à survivre avec leur maigre retraite, quand encore elles en ont une.

Pour leur clientèle privée qui en a les moyens, certains médecins réservent des équipements et des services de qualité. Comme le montre le rapport de l’OIT, la situation économique actuelle est en train de miner le système de santé en place.

Dr. Ellen Rosskam, Spécialiste principale, OIT

Quand on voit ce qui se passe ici, les conditions dans lesquelles travaille le personnel soignant, le manque d’hygiène, l’absence de confort élémentaire pour les patients, on est choqué.

Dans l’ensemble des pays d’Europe orientale, les services de santé sont actuellement dans le même état que ceux de la plupart des pays pauvres ou en développement.

Ellen Rosskam

La fourniture de services médicaux de qualité accessibles à tous est un élément fondamental de toute société démocratique.

Le gouvernement ukrainien a promis aux travailleurs des services de santé des augmentations de salaire et une réforme du système. Mais va falloir attendre encore longtemps avant que le secteur de la santé ne soit complètement rétabli.