CONDITIONS DANS L'INDUSTRIE MARITIME

Date de parution: 20 décembre 2005 |

Plus de 90% du tonnage du commerce mondial est transporté par une flotte marchande d'environ 50.000 navires. Selon un rapport de l'Organisation internationale du Travail (OIT), les changements survenus dans le financement et la gestion de ces navires ont entraîné une déréglementation et des conditions de travail plus flexibles pour les gens de mer, conditions qui ne sont pas toujours à leur avantage.

La route est longue de Bucarest à Buenos Aires mais l'équipage roumain du Masha n'a jamais pensé que le voyage finirait là. Ils sont bien entraînés et travaillent dur. Mais ils restent des mois sans être payés et doivent endurer des conditions de vie et de travail abominables. Leur confiance dans le contrat qu'ils ont passé avec une industrie hors du temps est mise à rude épreuve.

Edward Secuiu, marin sur le Masha

Quand nous avons signé le contrat, nous avons vu sur le papier, Chicago, Illinois,...oh très bonne compagnie, compagnie américaine. Mais en arrivant ici nous avons vu les autres membres d'équipage qui avaient des problèmes avec la compagnie et on s'est dit: allons bon, qu'est-ce qui se passe ici ?

Le problème est que cette industrie est en constante mutation. Plus de 90% du tonnage du commerce mondial est transporté par une flotte marchande d'environ 50.000 navires. Selon un rapport de l'OIT, les changements survenus dans le financement et la gestion de ces navires ont entraîné une déréglementation et des conditions de travail plus flexibles pour les gens de mer, conditions qui ne sont pas toujours à leur avantage.

Jean-Yves Legouas, Spécialiste principal en questions maritimes

Parfois les équipages sont maltraités et c'est là le problème. Nous devons considérer qu'un navire n'est pas simplement une masse de fer et d'acier; il est fait aussi de chair et de sang et ceux-ci doivent être traités comme il convient de traiter les êtres humains.

Comme la mondialisation étend le commerce à un plus grand nombre de pays, l'industrie navale a répondu en construisant davantage de navires qui ne sont pas forcément meilleurs. Cette surproduction et la concurrence qui en résulte ont provoqué la faillite de nombreux armateurs et fait peu de cas des droits des gens de mer. Mais Roberto Alarcon de la Fédération internationale des Travailleurs des Transports applique la convention 147 de l'OIT qui garantit aux gens de mer des normes fondamentales dans le cadre du droit international afin de venir en aide à l'équipage du Masha.

Roberto Alarcon, inspecteur, Fédération internationale des Transports, FIT

Il faut mettre fin à ces situations. Les marins ne doivent pas devenir les esclaves du 21ème siècle.

L'équipage se sent abandonné. Pour Misha Mircea ce voyage est la fin décevante de son rêve d'une vie en mer.

Misha Mircea, marin sur le Masha

Nous sommes au 21ème siècle. Il est incroyable de prendre la mer sans eau, sans aucun moyen de communication, parfois sans nourriture.

Pour l'équipage du Masha, seul le temps dira ce à quoi on peut encore croire.