Tendances mondiales de l'emploi 2014

"La faible reprise économique ne touche pas l’emploi"

La faible reprise économique mondiale n’a pas suscité d’amélioration sur les marchés du travail mondiaux: à l’échelle mondiale, le nombre de chômeurs a presque atteint les 202 millions en 2013, soit 5 millions de plus qu’en 2012, affirme l’OIT dans un nouveau rapport.

Communiqué de presse | 20 janvier 2014
La faible reprise économique mondiale n’a pas suscité d’amélioration sur les marchés du travail mondiaux: à l’échelle mondiale, le nombre de chômeurs a presque atteint les 202 millions en 2013, soit 5 millions de plus qu’en 2012, affirme l’OIT dans un nouveau rapport.

Le rapport sur les Tendances mondiales de l’emploi 2014 relève que la croissance de l’emploi reste faible, que le chômage continue d’augmenter, surtout parmi les jeunes, et que beaucoup de travailleurs découragés restent en dehors du marché du travail.

Le déficit de la demande globale ralentit la reprise des marchés du travail mondiaux. Le rapport constate que l'assainissement budgétaire actuellement en cours dans de nombreuses économies avancées fait obstacle à l’essor rapide de la croissance de la production. En outre, la politique monétaire accommodante menée dans plusieurs pays n’a pas résulté dans des investissements considérables dans l’économie réelle, puisque les liquidités générées par cette politique alimentent plutôt les marchés boursiers, mettant ainsi en péril les perspectives d’emploi à long terme.

Au rythme actuel, environ 40 millions de nouveaux emplois pourraient être créés chaque année d’ici à 2018, ce nombre est inférieur au niveau requis pour absorber le nombre grandissant de nouveaux arrivants sur le marché du travail chaque année.

«Ce dont nous avons immédiatement besoin, c’est de repenser nos politiques. Nous devons accroître nos efforts pour accélérer la création d’emplois et soutenir les entreprises qui créent des emplois», a déclaré le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder.


Tendances mondiales de l’emploi 2014 : les faits et les chiffres

  • Le nombre de chômeurs dans le monde a augmenté de 5 millions en 2013 à plus de 202 millions au total, soit un taux de chômage de 6 pour cent.
  • Ni au chômage, ni en emploi, environ 23 millions de personnes ont «abandonné» le marché du travail.
  • Le nombre de demandeurs d’emploi devrait grimper de plus de 13 millions d’ici à 2018.
  • Près de 74,5 millions de personnes de la tranche d’âge des 15-24 ans sont sans emploi, le taux de chômage des jeunes atteignait 13,1 pour cent en 2013.
  • Environ 839 millions de travailleurs vivaient avec leur famille avec moins de 2 dollars par jour en 2013.
  • Environ 375 millions de travailleurs vivaient avec leur famille avec moins de 1,25 dollar par jour en 2013.


Le chômage des jeunes reste une préoccupation majeure

Le rapport souligne l’impérieuse nécessité d’intégrer les jeunes dans la population active. Actuellement, environ 74,5 millions d’hommes et de femmes de moins de 25 ans sont sans emploi, avec un taux de chômage des jeunes qui dépasse 13 pour cent à l’échelle mondiale – plus de deux fois supérieur au taux de chômage mondial tous âges confondus.

Dans les pays en développement, l’emploi informel reste prépondérant et les progrès en matière de qualité de l’emploi s’essoufflent. Ce qui implique que moins de travailleurs réussissent à sortir de la pauvreté. En 2013, le nombre de travailleurs extrêmement pauvres – qui vivent avec moins de 1,25 dollar par jour – n’a reculé que de 2,7 pour cent à l’échelle mondiale, l’un des plus faibles taux des dix dernières années, à l’exception des années qui ont immédiatement suivi la crise.

Dans de nombreuses économies développées, les réductions drastiques des dépenses publiques et les hausses des impôts sur le revenu et des taxes à la consommation pèsent lourdement sur les entreprises privées et les ménages.

En outre, le manque de coordination stratégique entre les politiques monétaires et budgétaires a nettement accru les incertitudes sur le marché du travail, avec des employeurs souvent réticents à embaucher ou à faire des investissements à long terme.

La durée du chômage s’est considérablement allongée et, dans certains pays comme l’Espagne et la Grèce, les demandeurs d’emploi ont besoin de deux fois plus de temps qu’avant la crise pour trouver un nouvel emploi. Dès lors, de plus en plus de ces travailleurs potentiels sont découragés et se tiennent à l’écart du marché du travail, ce qui entraîne une détérioration, voire une obsolescence, de leurs compétences, et à une aggravation du chômage de longue durée, a déploré Ekkehard Ernst, un des principaux auteurs du rapport.


Tendances mondiales de l’emploi 2014 : l’Union européenne et les économies avancées

  • Des signes d’une reprise de l'activité économique se sont manifestés et se sont renforcés dans l'Union européenne et dans les économies avances tout au long de 2013.
  • Les améliorations en termes de productivité et de compétitivité n'ont pas encore été suffisamment fortes pour remédier aux écarts considérables en matière de l’emploi, qui sont toujours à la hausse. Les conditions du marché du travail n'ont pas montré de signes d'amélioration en 2013. La région est caractérisée par une reprise de l'activité, mais pas d’une reprise de l’emploi.
  • Le taux de chômage a augmenté à nouveau en 2013 pour atteindre 8 pour cent, soit 45,2 millions de personnes. Selon les estimations, le taux de chômage diminuera progressivement pour atteindre moins de 8 pour cent à l'horizon de 2018.
  • Le chômage de longue durée est à la hausse, maintenant que l’inadéquation du marché du travail augmente.
  • La qualité de l'emploi dans la plupart des pays de la région s'est détériorée parallèlement à l’augmentation de l'incidence de l'emploi temporaire, de l’emploi à temps partiel involontaire, de la pauvreté au travail, du travail informel, de la polarisation des emplois et des salaires et des inégalités de revenus.
  • La reprise terne est en partie causée par la poursuite des politiques d'austérité dans la région.
  • Le risque que les politiques monétaires et budgétaires continuent d'être insuffisamment coordonnées est bien réel maintenant que l'austérité budgétaire est combinée avec la création de liquidités non conventionnelle et accommodante par les banques centrales aux Etats-Unis, dans la zone euro et au Japon.
«Alors qu’on estime que 23 millions de personnes auraient renoncé à chercher un emploi et abandonné le marché du travail, il est impératif d’instaurer des politiques actives en faveur de l’emploi avec plus d’énergie afin de lutter contre l’inactivité et l’inadéquation entre l’offre et la demande de compétences», a déclaré M. Ernst qui dirige l’Unité des tendances de l’emploi au sein du Département de la recherche de l’OIT.

Opérer un virage vers des politiques plus favorables à l’emploi et augmenter le revenu du travail permettraient d’accélérer la croissance économique et la création d’emplois, conclut le rapport. Dans les pays émergents ou en développement, il est vital de renforcer les socles de protection sociale et de promouvoir la transition vers l’emploi formel. Cela aussi contribuerait à soutenir la demande globale et la croissance mondiale, indique le rapport.

Le rapport et tous les matériels associés sont disponible sur le site web: www.ilo.org/get2014.


Contact

Barbara Janssens, Responsable Communication, OIT-Bruxelles, janssens@ilo.org, 0032 (0)2 737 93 85, 0032 (0)484 91 55 59