NEET

Tunisie - les NEET en chiffres : Faciliter la transition vers l’emploi

Une enquête réalisée par le Bureau du Coordonnateur Résident en Tunisie (BCR), l’Organisation internationale du Travail (OIT) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) met la lumière sur les défis des jeunes en situation de précarité. Plus d’un jeune sur quatre âgé entre 15 et 29 ans n’est ni employé, ni en études, ni en formation (NEET). Trois quarts d’entre eux abandonnent leurs études sans obtenir leur diplôme, et presque 45% des NEET non-diplômés se trouvent dans la situation NEET depuis plus de 5 ans.

Ces statistiques sont le résultat d’une étude intitulée « Les NEET en chiffres : Faciliter la transition vers l’emploi » menée dans quatre gouvernorats de la Tunisie (Gafsa, Kairouan, Monastir et Sidi Bouzid). Ce nouveau rapport, lancé le vendredi 29 septembre 2023 par le Bureau du Coordonnateur Résident en Tunisie (BCR), l’Organisation internationale du Travail (OIT) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), souligne l’importance de l’écoute, de l’accompagnement et du support individualisé pour ces jeunes tout au long du parcours allant de la scolarité au premier emploi.

Les résultats de 8 focus groupes menés dans les quatre gouvernorats montrent que la situation des NEET est très variée. En moyenne, deux NEET sur trois sont au chômage selon l’enquête, tandis que les autres sont inactifs ne cherchant pas d’emploi ou n’étant pas disponibles dans l’immédiat.

Bien que les hommes soient légèrement plus représentés que les femmes dans la population NEET, le taux d’inactivité est plus élevé chez les femmes NEET en raison d’obstacles culturels et structurels à leur participation active sur le marché du travail.

Au-delà du chômage et de l’inactivité, le concept de NEET est surtout utile pour décrire un large éventail de la vulnérabilité de ces jeunes. En effet, un nombre important de jeunes NEET a atteint un niveau d’études secondaires ou supérieures, mais n’a pas de diplôme. Parmi les raisons de l’abandon scolaire, la majorité des jeunes NEET citent le manque d’intérêt dans la scolarité, les difficultés économiques de la famille et les faibles résultats scolaires.

L’enquête montre également la nécessité d’adopter une approche holistique pour répondre à la problématique des jeunes NEET en tenant compte de leurs besoins tout au long du processus allant de la fin de la scolarité à l’emploi.

Les mesures de prévention visant à lutter contre l’échec et l’abandon scolaire sont cruciales, mais également le renforcement des programmes scolaires pour réengager et réorienter les jeunes en situation de décrochage scolaire.

D’un autre côté, le renforcement des politiques actives de l’emploi à destination des jeunes NEET est aussi nécessaire pour éviter des périodes prolongées de désengagement du marché du travail, tout en se concentrant sur les obstacles culturels et matériels qui empêchent la participation active des femmes et des personnes en situation de handicap au marché de l’emploi.

Enfin, il conviendrait aussi d’aligner l’enseignement avec les compétences demandées sur le marché du travail pour améliorer les perspectives d’emploi des jeunes NEET. Environ deux tiers des jeunes NEET inactifs citent le manque des qualifications nécessaires comme raison de leur inactivité. Pour absorber les jeunes dans le marché de travail, il est nécessaire de créer davantage d’emplois de qualité. En effet, moins d’un jeune NEET sur dix a bénéficié d’une couverture sociale dans son précédent travail.