Une convention mondiale pour une main-d'œuvre mondialisée

Au mois de février, les participants à la 94e session de la Conférence internationale du Travail ont adopté la convention du travail maritime 2006. Cet instrument de portée générale donne le ton pour d’autres conventions qui réglementeront un secteur d’activité déterminé tout en répondant aux questions que pose la mondialisation.

Dès la fondation de l’Organisation, il y a 86 ans, les Etats membres de l’OIT se rendirent compte que, dans le monde du travail, les marins et les armateurs occupaient une place à part. Travaillant non pas sur la terre ferme mais sur la mer, ils transportaient déjà à cette époque d’énormes quantités de marchandises et ils représentaient une profession extrêmement fluide et hétérogène.

Ainsi, en juin 1919, lorsque la première Conférence internationale du Travail s’attela à la question de la durée du travail, la nécessité d’adopter une démarche différente pour réglementer la durée du travail et les conditions de travail dans le secteur maritime se fit immédiatement sentir. Une année plus tard, l’OIT tenait sa deuxième Conférence internationale du Travail à Gênes, en Italie, et elle la consacrait aux gens de mer. En tout, la Conférence internationale du Travail a tenu dix sessions maritimes au cours desquelles ont été adoptées 68 conventions et recommandations.

Ces instruments couvrent les conditions de travail en mer sous tous leurs aspects : âge minimum d’accès à l’emploi, recrutement et placement, examens médicaux, contrat d’engagement, rapatriement, congés payés, sécurité sociale, durée du travail et périodes de repos, logement des équipages, pièces d’identité, santé et sécurité au travail, bien-être en mer et dans les ports, continuité de l’emploi, formation professionnelle et certificats de capacité.

Mais les temps ont changé et le volume du commerce maritime aussi. Il est finalement apparu que les marins des « supertankers » et autres navires avaient besoin d’une « superconvention » qui réponde à leurs exigences propres tout en satisfaisant l’aspiration des armateurs et des gouvernements à une concurrence loyale.

C’est ainsi que naquit la dernière en date des conventions de l’OIT. Au mois de février, les participants à la 94e session de la Conférence internationale du Travail ont adopté la convention du travail maritime 2006. Cet instrument de portée générale donne le ton pour d’autres conventions qui réglementeront un secteur d’activité déterminé tout en répondant aux questions que pose la mondialisation. Non seulement il marque un tournant pour ceux qui travaillent en mer mais encore il représente une avancée sur la voie d'une mondialisation juste.