Compétences

Recherche travailleurs locaux pour l’industrie du gaz et du pétrole

L’industrie gazière et pétrolière est confrontée à une pénurie grandissante de main-d’œuvre qualifiée. Ce pourrait être l’occasion pour les pays producteurs de pétrole et de gaz d’intensifier l’embauche de travailleurs locaux.

Analyse | 12 décembre 2012

GENÈVE (OIT Info) – La demande mondiale de pétrole brut et de gaz s’est envolée ces dernières années, provoquant une vague d’investissements et aggravant ainsi le manque de travailleurs qualifiés.

La demande mondiale d’énergie augmentera de 35 pour cent entre 2010 et 2035 selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). De nouveaux gisements de pétrole et de gaz permettront certainement de satisfaire la future demande mais l’industrie pourrait ne pas trouver la main-d’œuvre dont elle a besoin pour exploiter ces nouvelles réserves.

Selon Yasuhiko Kamakura, expert de l’OIT pour le secteur du pétrole et de gaz, plus de la moitié des professionnels du secteur atteindront l’âge de la retraite au cours des dix prochaines années. Un véritable défi pour cette industrie.

«Tandis que les compagnies pétrolières et gazières étendent leurs opérations à de nouvelles zones géographiques, toujours plus reculées, elles vont devoir former sur place des personnels compétents afin d’être moins tributaires des services des travailleurs expatriés. A cette fin, gouvernements, employeurs et travailleurs doivent collaborer au niveau mondial afin de résoudre la pénurie de qualifications qui sévit dans ce secteur», explique-t-il.


La main-d’œuvre locale principale bénéficiaire


Embaucher davantage de travailleurs locaux pourrait être une solution à la pénurie de compétences – de même qu’attirer plus de femmes vers ce secteur (voir l’encadré ci-dessous).

Cette question figure à l’ordre du jour de la Réunion de l’OIT sur les compétences, les ressources humaines et la formation à la sécurité dans l’industrie du gaz et du pétrole, présidée par M. Riek Puok Riek qui dirige la Mission permanente du Soudan du Sud auprès de l’Office des Nations Unies et des autres organisations internationales à Genève.
M. Riek souligne que, dans son pays, le secteur de la production pétrolière s’appuie sur les expatriés. «La plupart de nos travailleurs viennent de Chine, de Malaisie ou d’Indonésie (…). Au Soudan du Sud, nous n’avons pas la main-d’œuvre capable de prendre le relais.».

Atténuer la dépendance vis-à-vis des expatriés est parfois difficile, voire quasiment impossible quand les travailleurs locaux qualifiés ne sont tout simplement pas disponibles.

«Il faut six ans pour qu’un étudiant obtienne un diplôme utile pour l’industrie gazière et pétrolière. Cependant, la formation de travailleurs qualifiés et de techniciens peut s’effectuer beaucoup plus rapidement et constituer une première étape vers une main-d’œuvre locale qualifiée», ajoute M. Riek.

L’exemple du Nigéria montre combien il est difficile de se doter d’une main-d’œuvre professionnelle avec le type de qualifications que requiert l’industrie gazière et pétrolière.

«Les sujets enseignés dans les facultés de science et de technologie des universités nigérianes ne répondent pas encore aux exigences de qualité des grandes compagnies gazières et pétrolières internationales», déclare M. Kamakura. «Cependant, le pays envisage de mener une nouvelle stratégie en vue de garantir aux professionnels nigérians qu’ils pourront jouer un rôle primordial dans cette industrie», ajoute le spécialiste de l’OIT.


Former des talents sur place


Alors que les compagnies cherchent à réduire la charge financière que représente l’emploi d’une main-d’œuvre internationale, elles sont de plus en plus conscientes de l’intérêt de recruter sur place des personnes compétentes – avec une connaissance et une expérience du terrain – qui pourraient évoluer vers des postes à responsabilités.

En Angola, les centres de formation – mis en place avec le soutien de certaines compagnies pétrolières – forment des Angolais pour travailler dans cette industrie. Les cours proposés intègrent l’analyse des risques, les systèmes et les structures géologiques, le dessin industriel et une introduction aux techniques de forage, aux vannes et aux tubes.

Depuis la découverte d’énormes réserves pétrolifères en 2007, le Ghana a également adopté une stratégie ambitieuse qui vise à porter à 90 pour cent minimum la part locale dans toutes les activités gazières et pétrolières d’ici à 2020.

M. Kamakura a souligné que l’amélioration des conditions de travail et des perspectives de carrière était essentielle pour attirer des travailleurs à fort potentiel.

Attirer des travailleuses qualifiées

• Le nombre de femmes qualifiées dans l’industrie du gaz et du pétrole est relativement faible. Le ratio femmes/hommes a stagné au cours des six dernières années.
• Dans les géosciences, les femmes constituent 18 à 27 pour cent de la main-d’œuvre.
• 11 à 19 pour cent des ingénieurs du pétrole sont des femmes.
• Les femmes font souvent l’objet de discrimination au travail.
• Les femmes occupent moins de postes à responsabilités que les hommes et rencontrent plus souvent des obstacles dans l’évolution de leur carrière.
• Quand les femmes sont bien intégrées à tous les niveaux de l’entreprise, elles sont susceptibles de porter un regard positif sur leur organisation.
 



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