Coopération au développement

Le programme de coopération technique est l’un des outils essentiels dont dispose l’OIT pour mettre en œuvre l'Agenda pour le travail décent.

L’expérience de l’OIT

Former les femmes entrepreneurs à la gestion des petites entreprises, rendre l’assurance santé accessible aux travailleurs et travailleuses domestiques, fournir des services d’emploi aux jeunes défavorisés, renforcer le dialogue social, aider les organisations d’employeurs et les syndicats à traiter les questions de santé et la sécurité au travail, mettre en place des coopératives en milieu rural, travailler avec les gouvernements pour réformer le droit du travail : voici quelques-unes des multiples initiatives de coopération technique menées par l’OIT afin de répondre aux défis du développement et de jeter des ponts entre son rôle normatif et les bénéficiaires.

Forte de cinquante d’expérience de coopération technique sur tous les continents et à toutes les étapes du développement économique, l’OIT met aujourd’hui en œuvre plus de 750 projets de coopération technique dans plus de 110 pays, avec l’appui de 115 partenaires du développement dans le monde. Ces projets sont mis en œuvre grâce à une étroite collaboration entre les pays bénéficiaires, les mandants, les partenaires du développement et l’OIT, qui entretient un réseau de bureaux de terrain dans le monde entier.

L’approche de l’OIT

L’OIT a adopté une approche durable du développement économique et social, plutôt que d’apporter des solutions à court terme aux défis du développement et qui ne traitent pas les causes profondes. S’appuyant sur un agenda fondé sur les droits, l’OIT dispose d’un accès privilégié au monde du travail, aux travailleurs et aux entreprises. Cela lui confère une position idéale pour :
  1. Donner aux pays les moyens d’améliorer leurs compétences et leur savoir-faire afin de mieux protéger les revenus et d’instaurer des systèmes de sécurité sociale ;
  2. Formuler des politiques capables d’accroître la productivité, d’améliorer l’accès à l’emploi et de réduire la précarité ;
  3. Mettre un terme aux violations des droits de l’homme qui résultent de formes d’emploi à caractère d’exploitation, à savoir le travail des enfants et le travail forcé.

Les activités déployées par l’OIT dans ce domaine ont eu un impact sur des millions de personnes à travers le monde, sur leur lieu de travail comme dans leur communauté. Grâce aux projets financés par les partenaires du développement, l’OIT a contribué à la libération de dizaines de milliers de travailleurs forcés et d’enfants victimes du travail des enfants, et plus d’un million de travailleurs ont bénéficié d’une assistance technique pour apprendre à gérer le problème du VIH/SIDA en milieu de travail. Des emplois ont été créés grâce au développement d’entreprises, des législations du travail ont été révisées pour apporter une meilleure protection aux travailleurs tout en préservant leur compétitivité, et des institutions ont été établies en vue de faciliter le dialogue social entre les gouvernements, les employeurs et les travailleurs et d’éviter ainsi de coûteux conflits sociaux.

  1. En savoir plus sur les programmes de coopération technique de l’OIT (en anglais)

Faits marquants de l’action de l’OIT

  1. Travail des enfants

    Au cours de la décennie écoulée, et avec l’appui de l’OIT, plus de 60 pays – qui appliquaient près de 200 lois – ont adapté leur cadre juridique pour se conformer aux conventions de l’OIT concernant le travail de enfants. Depuis 2004, dans le cadre de son évaluation systématique de la mise en œuvre des conventions n° 138 et 182, la Commission d’experts de l’OIT a enregistré une multiplication par sept du nombre de commentaires attestant de progrès.

    A l’échelon des pays, l’OIT a mis en place plus de 200 projets de lutte contre le travail des enfants.

    QUELQUES RÉSULATS OBTENUS:
    – Au cours des 15 dernières années, près d’un million d’enfants ont été retirés du travail des enfants ou ont évité d’y entrer grâce aux projets de l’OIT dans quelque 110 pays, partout dans les monde.

    – Le nombre total de garçons et de filles victimes du travail des enfants a reculé de 30 pour cent entre 2000 et 2012, passant de 246 à 168 millions.

  2. Protection sociale

    L’OIT collabore avec les pays pour étendre la protection sociale dans deux directions: en poussant à l’adoption rapide de socles nationaux de protection sociale contenant des garanties élémentaires de sécurité sociale pour assurer un accès universel aux soins de santé essentiels et à la sécurité du revenu, tout en améliorant les régimes de protection sociale existants afin de fournir progressivement un meilleur niveau de prestations à autant de personnes que possible.

    QUELQUES RÉSULTATS OBTENUS:
    Au cours des dix dernières années, l’OIT a soutenu la création de:
    - Socles de protection sociale dans 136 pays
    - Stratégies nationales de protection sociale dans 34 pays
    - Soins de santé dans 30 pays
    - Allocations familiales dans 21 pays
    - Assurance maternité dans 20 pays
    - Systèmes d’assurance chômage dans 20 pays
    - Programmes d’emplois publics dans 31 pays
    - Pensions de retraite dans 43 pays

  3. Investissements à haute intensité de main-d’œuvre

    Les investissements à haute intensité de main-d’œuvre associent le développement d’infrastructures et la création d’emplois, la réduction de la pauvreté et le développement local économique et social.

    QUELQUES RÉSULTATS OBTENUS:
    Timor-Leste: Depuis mars 2012, le programme des « Routes pour le développement » (R4D) de l’OIT a permis de créer 330 000 journées de travail dans le cadre d’emplois directs à court terme. Cela équivaut à injecter environ 2 millions de dollars dans l’économie locale.
    Népal: Depuis mars 2014, l’OIT a favorisé le développement d’infrastructures locales dans 33 districts – où réside plus de la moitié de la population népalaise. Après le séisme d’avril 2015, le programme sera étendu à 3 autres districts.
    Somalie: Le Programme conjoint de l’ONU sur la gouvernance locale et la fourniture de services décentralisée, dans lequel l’OIT joue un rôle clé, a abouti à la création de 136 500 journées de travail et a bénéficié aux plus vulnérables. Un projet consacré aux rapatriés somaliens et l’Initiative Youth for change ont fourni près de 43 000 journées de travail.

  4. Better Work

    Better Work – un programme OIT/IFC créé en 2009 – a permis d’améliorer les conditions de travail dans des usines qui emploient plus de trois millions d’ouvriers en mobilisant plus de 60 marques mondiales de prêt-à-porter et 1 200 usines.

    QUELQUES RÉSULTATS OBTENUS:

    
– Jordanie: Les travailleurs migrants sont dorénavant représentés dans une convention collective à l’échelle du secteur; les usines ont enregistré un progrès de 50 pour cent du respect des dispositions relatives à la sécurité et la santé au travail et de 100 pour cent pour le versement d’une rémunération minimum et de prestations correctes.
    Cambodge: Les impacts du programme sont multiples puisque beaucoup des 500 000 travailleurs envoient leurs revenus au pays pour aider leurs familles qui, à leur tour, utilisent ces fonds pour financer l’éducation de leurs jeunes frères et sœurs et les frais médicaux.
    Lesotho: Better Work a contribué à garantir que 100 pour cent des usines participant au programme éliminent les discriminations relatives au VIH/sida.
    Viet Nam: 65 pour cent des usines Better Work ont enregistré une hausse des ventes globales, 62 pour cent ont augmenté leurs capacités de production et 60 pour cent ont embauché.