Renforcer la réponse des syndicats dans le cadre du programme d’éducation sur le VIH/sida sur les lieux de travail en Chine

Donateurs/mécanismes de financement

Fonds d’accélération programmatique (FAP)

Les Fonds d’accélération programmatique (FAP) de l’ONUSIDA ont été conçus pour permettre aux institutions des Nations Unies d’apporter une contribution stratégique à une réponse efficace et efficiente déployée à l’échelle nationale. Ils doivent être programmés conjointement par les groupes thématiques des Nations Unies sur le VIH/sida. Ils sont conçus pour dynamiser et optimiser les nouvelles ressources et les nouveaux partenariats, impliquer plusieurs agences des Nations Unies, susciter des approches innovantes et, en règle générale, renforcer la planification et l’élaboration de programmes nationaux ainsi que les activités de suivi et d’évaluation. Comparés aux ressources mises à disposition par d’autres mécanismes de financement, les montants de ces fonds sont relativement modestes. Ils peuvent toutefois maximiser les avantages comparatifs du système des Nations Unies et faire en sorte que sa contribution soit décisive pour l’efficacité de la réponse.

Chine

Objectifs: Renforcer les capacités de la Fédération syndicale panchinoise (ACFTU) à élaborer une politique et des programmes de qualité sur le VIH/sida en collaboration avec le ministère du Travail et de la Sécurité sociale, la Confédération des entreprises chinoises (CEC) et les comités de travail sur le sida nationaux et provinciaux. Aider l’ACFTU à créer un environnement propice à l’intensification des services de prévention et de prise en charge pour les travailleurs migrants vulnérables. Aider l’ACFTU à mener des programmes pour réduire la stigmatisation liée au VIH et les comportements à haut risque des travailleurs migrants dans les secteurs économiques où l’exposition au VIH est élevée.

Contexte: Le plan d’action 2006 de la Chine pour lutter contre le VIH/sida préconise des services de prévention et de prise en charge à grande échelle pour les travailleurs migrants issus des campagnes employés dans les secteurs économiques qui les exposent particulièrement au virus comme l’approvisionnement en ressources naturelles, la construction et les transports. Le gouvernement a fixé des objectifs ambitieux pour que, d’ici 2010, 90 % des travailleurs migrants ruraux employés essentiellement par des entreprises publiques et privées bénéficient de services de prévention efficaces. Le plan d’action invite à élargir l’accès au traitement du VIH pour les migrants ruraux avec la politique Four Frees and One Care et aux travailleurs urbains via le régime d’assurance santé de base. A l’heure actuelle, les services de prévention et de prise en charge efficaces ne touchent qu’une petite partie des travailleurs vulnérables du pays.
Les professionnels du sexe sont désormais le premier vecteur de l’épidémie de VIH/sida dans de nombreuses provinces du pays, au lieu des consommateurs de drogues injectables auparavant. Les programmes de prévention sur le lieu de travail ciblant en priorité les travailleurs mobiles masculins, dont il est avéré qu’ils sont plus exposés aux infections sexuellement transmissibles et au VIH, peuvent empêcher la propagation aux femmes et aux enfants de la population générale de l’épidémie de VIH qui touche l’industrie du sexe. Les programmes sur le lieu de travail impliquant à la fois les mandants de l’Organisation internationale du Travail (OIT) en Chine, le ministère du Travail et de la Sécurité sociale, la CEC et l’ACFTU peuvent jouer un rôle critique dans l’élaboration de politiques et de programmes au niveau du pays, des provinces et des entreprises pour protéger les droits des travailleurs séropositifs, réduire la transmission du VIH et élargir l’accès et le recours au conseil et au dépistage volontaires (CDV) ainsi qu’à la prise en charge, au soutien et au traitement en matière de VIH/sida.
Avec le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida, l’OIT a pris les premières mesures pour aider le ministère du Travail et de la Sécurité sociale, la CEC et l’ACFTU à jeter les bases d’une réponse complète sur le lieu de travail respectant les principes et les directives du Recueil de directives pratiques du BIT sur le VIH/sida et le monde du travail. En 2004, elle a aidé l’ACFTU à élaborer son plan stratégique sur la prévention et le contrôle du VIH/sida (2004-2010) et à mener la Campagne du ruban rouge auprès des travailleurs. Cette dernière a diffusé des messages contre la stigmatisation et pour la prévention auprès de milliers de travailleurs du pays. Si l’ACFTU a enregistré des progrès considérables au niveau national en obtenant un engagement ferme des dirigeants et en élaborant un plan stratégique national, il est urgent d’intensifier les programmes sur le VIH auprès des travailleurs migrants vulnérables.
Consciente de la nécessité d’élaborer une réponse sur les lieux de travail en Chine plus large et plus systématique, l’OIT a récemment lancé une initiative de plus grande ampleur financée par le département du Travail des Etats-Unis pour aider le ministère du Travail et de la Sécurité sociale et la CEC à élaborer des politiques et des programmes au niveau du pays et des provinces dans les secteurs industriels vulnérables au VIH des provinces du Guangdong, d’Anhui et du Yunnan. L’OIT intègre aussi systématiquement la prévention du VIH aux programmes de formation dans les petites entreprises destinés aux migrants (SIYB) et au projet contre la traite des êtres humains (CP-TING).
L’absence de financements pour des activités complémentaires du programme au sein de l’ACFTU est une lacune importante de ces initiatives. L’ACFTU peut jouer un rôle critique en défendant le droit des travailleurs séropositifs à garder leur travail et à accéder à des services de prise en charge, de soutien et de traitement de qualité. Cette fédération possède également l’envergure, l’infrastructure et la crédibilité nécessaires pour réduire à grande échelle la stigmatisation liée au VIH parmi les travailleurs et assurer une prévention efficace en faisant appel aux pairs pour traiter les sujets sensibles liés au VIH. Avec ses premières activités comme la Campagne du ruban rouge, l’ACFTU a également montré un fort potentiel pour gérer ses propres activités et encourager les acteurs tripartites nationaux, à savoir le ministère du Travail et de la Sécurité sociale et la CEC, à créer des politiques et des programmes en vue d’atteindre les objectifs nationaux en matière de VIH/sida énoncés dans le Plan d’action national sur le VIH/sida (2006-2010).

Résumé: S’appuyant sur de précédents partenariats avec l’AFCTU, ce projet cherche à renforcer les capacités de l’ACFTU à élaborer une politique et des programmes de qualité sur le VIH/sida en collaboration avec le ministère du Travail et de la Sécurité sociale, la Confédération des entreprises chinoises (CEC) et les comités de travail sur le sida nationaux et provinciaux. Il aide l’ACFTU à créer un environnement propice à l’intensification des services de prévention et de prise en charge pour les travailleurs migrants vulnérables et à mener des programmes pour réduire la stigmatisation liée au VIH et les comportements à haut risque des travailleurs migrants dans les secteurs économiques où l’exposition au VIH est élevée. Ses activités incluent des ateliers pour les responsables syndicaux sur les principes fondamentaux du recueil de directives du BIT, la formation de représentants de l’ACFTU au niveau des secteurs et des entreprises pour mettre en œuvre des programmes pour changer les comportements et lutter contre la stigmatisation, et la promotion des politiques nouvellement mises en place via l’ACFTU, à l’aide d’initiatives sectorielles et dans les entreprises des provinces ciblées.